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08/04/2006
Les enfoirés et le charity business
Si le charity business n'existait pas, TF1 l'aurait inventé. Hier soir, la chaîne diffusait à 20 h 50 la seizième édition du concert annuel des « Enfoirés ». Depuis un village de bord de mer, la cinquantaine d'artistes dirigés par Jean-Jacques Goldman s'apprêtent une fois de plus à scotcher la moitié des téléspectateurs devant leur poste. L'an dernier, leur show de soutien aux Restos du coeur, fondés en 1986, avait attiré 11,2 millions de fans (50,2 % de parts de marché). Très loin devant les deux autres grosses opérations de solidarité cathodique, sur France 2 : 5 millions de téléspectateurs (25 % de PDM) pour le « Symphonic Show » spécial Sidaction le 1er avril, et deux maigres millions (10,4 % de PDM) pour le prime time du Téléthon le 3 décembre.
« “Les Enfoirés” est le plus gros show de variété de l'année, explique Fabrice Huvé, de l'agence média MPG. Alors qu'un spot de 30 secondes coûte 22 500 euros pour le prime time du Téléthon, il se négocie 120 000 euros ce soir. » Un tarif à multiplier par la trentaine de spots qui seront diffusés lors de trois coupures pub... A ce prix-là, TF1 est aux petits soins pour les Restos : en 1990, puis de 1998 à 2000, c'est la Deux qui avait raflé le jackpot. « Chaque année, toutes les grandes chaînes participent à notre appel d'offres, indique Véronique Colucci, veuve de Coluche et administratrice de l'organisation. Pour l'emporter, l'argent ne suffit pas, il faut aussi nous accorder une belle visibilité... » Outre un chèque qui dépasserait les 2 millions d'euros, la Une offre donc ce soir un débat animé par PPDA et Claire Chazal (23 h 45). En janvier, elle avait aussi diffusé 18 programmes courts à la gloire des 45 000 bénévoles de l'association. En tout, les passages télé, les concerts, les 600 000 cd et 300 000 DVD écoulés rapportent 25 millions d'euros par an aux Restos, soit 25 % de leurs ressources. « L'émission est un vrai accélérateur de mobilisation, juge Jacques Malet, du Centre d'étude et de recherche sur la philanthropie (Cerphi). Pour une fois, on sort de l'alibi entretenu par les concepts de téléréalité, qui donnent quelques milliers d'euros à des associations pour s'acheter une bonne conscience. »
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